Floconnette et la petite fille

Dans un joli nuage blanc, une toute petite neige est née. Elle s'appelait Floconnette et brillait comme une minuscule étoile.

Floconnette avait six jolis bras tout fins. Elle était si jolie ! Pourtant, elle avait très peur de tomber sur la terre.

— En bas, il fait chaud, disait-elle à ses sœurs les flocons. Je vais fondre et disparaître pour toujours !

— N'aie pas peur ! riaient les autres flocons. Nous tomberons toutes ensemble !

Mais Floconnette tremblait et se cachait tout au fond du nuage.

Un jour, le vent se mit à souffler très fort. Floconnette n'eut pas le temps de se cacher. Elle tomba, tomba avec des milliers d'autres flocons.

— Ouille ouille ouille ! cria Floconnette. Je vais fondre tout de suite !

Elle tombait, tombait, quand soudain elle atterrit sur quelque chose de doux et de chaud. C'était la moufle d'une petite fille, prénommée Hélène.

— Me voilà sur terre, murmura Floconnette. Maintenant, je vais disparaître…

Mais tout à coup, elle entendit :

— Maman, regarde ! Quel joli flocon ! On dirait une étoile !

Hélène montrait sa moufle à sa maman, les yeux tout brillants de joie.

— Il est magnifique, sourit sa maman. Tu vois, ma chérie, chaque flocon est spécial. Il n'y en a pas deux pareils.

— Je veux en dessiner un comme ça ! s'exclama Hélène en courant vers la maison.

Floconnette, sur la moufle, s'étonnait. Elle avait rendu la petite fille heureuse ! C'était si important !

Dans la chambre bien chaude, Hélène enleva sa moufle. Floconnette sentit ses petits bras fondre. Mais elle n'avait plus peur du tout.

— J'ai rendu la petite fille heureuse, chuchota Floconnette. C'est ça, ma mission.

Elle devint une toute petite goutte d'eau. Et Hélène, à sa table, peignait avec de la peinture blanche sur du papier bleu.

— Regarde, maman ! C'est mon flocon-étoile ! montrait la petite fille.

Et même si Floconnette n'était plus un flocon, sa beauté restait sur le papier. Elle vivait dans le dessin, dans le sourire d'Hélène, dans les doux souvenirs.

L'hiver suivant, quand la neige tomba de nouveau, Hélène courut dehors et attrapa les flocons avec joie. Elle regardait chacun d'eux, s'émerveillant de leur beauté unique.

Car maintenant, la petite fille savait quelque chose de très important. Doucement, elle posait chaque flocon sur sa moufle, l'admirait un instant, puis, en souriant, le laissait repartir. Pour que d'autres enfants puissent aussi voir ce petit miracle.