Timothée le hamster et le petit bateau cassé

Dans un petit terrier sous un vieux chêne, vivait Timothée le hamster. Il aimait ramasser des glands, jouer à cache-cache et construire des petits bateaux en écorce.

Un matin, Timothée appela son ami, le lapin Oreillard.
— Regarde le bateau que j’ai fabriqué ! montra fièrement Timothée. Il flotte comme un vrai !

Ils mirent le bateau dans le ruisseau. Il flottait et se balançait sur les vagues.
— Laisse-moi barrer un petit peu ! demanda Oreillard.
— Fais attention, le prévint Timothée.

Oreillard prit le bateau, mais soudain il trébucha sur un caillou. Le bateau tomba et se cassa en deux.
— Tu as cassé mon bateau ! cria Timothée. Je l’ai fabriqué tout l’après-midi !
— Pardon, je ne l’ai pas fait exprès… chuchota Oreillard.

Mais Timothée lui tourna le dos et courut se cacher dans son terrier. Il bouillait de colère. Même une bonne noisette ne lui faisait pas plaisir.

Le soir, Timothée sortit. Près du ruisseau, Oreillard était assis, tenant quelque chose de bois dans ses pattes.
— Que fais-tu ? s’étonna Timothée.
— Je t’ai fabriqué un nouveau bateau, dit doucement Oreillard. J’ai essayé toute la journée. Tu vois, j’ai collé une petite feuille, c’est la voile.

Timothée regarda le bateau. Il était un peu de travers, mais avec une jolie voile verte.
— Et je t’ai apporté des framboises, ajouta Oreillard. Tes préférées.

Timothée sentit son cœur se réchauffer. Il se souvint qu’ils avaient ramassé des glands ensemble la semaine dernière. Comme ils avaient ri quand ils étaient tombés dans une flaque. Comme Oreillard avait partagé son miel quand Timothée avait attrapé froid.
— Tu as vraiment essayé, dit Timothée. Le bateau est joli.
— Alors tu n’es plus fâché ? demanda Oreillard, prudent.

Timothée serra son ami dans ses bras.
— Non. Moi aussi, je n’aurais pas dû crier. Pardon.

Ils mirent ensemble le nouveau bateau dans l’eau. Il navigua, sa petite voile verte claquant au vent.
— Tu sais, dit Timothée, ce bateau est encore plus beau. Parce que nous l’avons lancé ensemble.

Ils restèrent assis sur la berge jusqu’à ce que le soleil se cache derrière les arbres. Puis Timothée rentra dans son terrier, et Oreillard dans le sien.

Timothée se coucha sur son lit d’herbe douce. Dehors, les feuilles bruissaient. Le hamster sourit et ferma les yeux.